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D'ALAIN DELAYE

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ARTISTES

BERTRAND et JACQUELINE OTT


A écouter : "La mort d'Isolde" de Liszt, interprétée par Bertrand Ott

Jacqueline Ott
Bertrand_Ott
Bertrand Ott est un pianiste et un pédagogue qui a fait ses études au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, puis à Genève. Il a été longtemps professeur au Conservatoire national de région d'Angers et donne encore des concerts et des conférences sur l'art du piano, en France et à l'étranger.

Sa recherche artistique et pédagogique l'a amené à se mettre à l'école de Liszt. Celui-ci, grand pianiste romantique et compositeur génial, était aussi un virtuose dont la technique vise à induire chez l'interprète le geste juste, aisé, épousant autant les nécessités organiques du corps que l'inspiration de l'oeuvre.
Bertrand s'est penché sur cette technique pianistique (sur les conseils donnés par Liszt, sur les remarques de ses disciples) et en a fait la synthèse dans un ouvrage : Liszt et la pédagogie du piano. Essai sur l'Art du clavier selon Liszt (Éd. CPEA, coll. "Art" - 2005) . On peut y lire : "Une technique intelligente ne peut que libérer notre intuition sensible qui, existant indépendamment de cette technique, en a cependant besoin pour émerger et s'incarner" (p.14). Chopin effleurait plutôt son piano et préconisait "la main légère". Pour Liszt, les mains doivent palper le clavier et non le frapper. C'est dire que le jeu des doigts doit épouser la sensibilité du compositeur, via celle de l'interprète.

Bertrand s'est aussi intéressé de près, avec son épouse Jacqueline (diplômée de chant du Mozarteum de Salzbourg), à la pédagogie du chant et aux techniques vocales. La voix chantée lui est apparue porteuse de toute la complexité humaine. "Cultiver la voix, écrit-il, c'est épanouir l'une des plus belles richesses de la création : connaître les pouvoirs du chant revitalise la nature humaine en lui donnant une conscience aiguë de sa prodigieuse relation avec elle-même, avec autrui, avec l'univers."
La voix chantée, Bertrand et Jacqueline l'ont pistée chez de nombreux chanteurs et pédagogues, dans les multiples techniques vocales de l'Europe (voix espagnole, française, italienne, allemande...). On trouvera un compendium détaillé de leur recherche dans un ouvrage qu'ils ont écrit en collaboration : La pédagogie du chant classique et les techniques européennes de la voix (L'Harmattan - 2006).

Mais Bertrand n'est pas qu'un artiste et un explorateur des techniques de clavier et de voix. Il est aussi, modestement, un chercheur de sens à l'écoute des sages orientaux et des mystiques de chez nous, attentif au message de Thich Nhat Hanh aussi bien qu'à l'évangile de Thomas. C'est à un yoga des doigts et de la voix extrêmement précis et motivé qu'il s'est consacré mais, comme tout yoga, celui-ci n'est pas fait que de techniques posturales et respiratoires : il suppose et induit un accord avec la nature et un humanisme qui en font un chemin d'éveil. L'art comme "voie d'éveil" à soi, aux autres, au monde, c'est, semble-t-il, ce qui constitue pour Bertrand le fil conducteur de sa démarche et de son parcours. Pour concrétiser ces propos, nous vous proposons de l'entendre jouer un morceau de Liszt. Il s'agit d'une transcription pour piano de la Mort d'Isolde : scène finale de l'opéra de Richard Wagner : Tristan et Isolde.

Dans une conférence qu'il donnait à Angers en 2010, "La Pologne secrète des quatre ballades de Frédéric Chopin", Bertrand mettait en relief l'enracinement polonais de ces ballades et plus largement de la musique de Chopin. Il a mis en évidence les liens secrets entre ses quatre ballades, et quatre ballades du poète polonais Mickiewicz, contemporain de Chopin et comme lui exilé à Paris.
Se démarquant des musiciens et musicologues qui veulent voir en celui-ci un astéroïde tombé du ciel, un compositeur angélique déconnecté de toute contingence terrestre, il montrait, piano à l'appui, la qualité profondément incarnée de sa musique : incarnée dans sa Pologne natale, dont l'éloigna un exil définitif, incarnée dans sa chair maladive qu'une phtisie emporta prématurément, incarnée dans une sensibilité pudique, à mille lieues des effets de manche et de virtuosité
Malgré un immense succès et la reconnaissance de ses pairs (Liszt, Schumann, Franchomme...) Chopin était conscient de sa faiblesse, physique, sentimentale, instrumentale, et aurait pu demander à Dieu de l'en délivrer. A quoi celui-ci lui aurait sans doute répondu comme à saint Paul : "Ma grâce te suffit, ma force se déploie dans la faiblesse".

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