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D'ALAIN DELAYE

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ARTISTES

SARAH PELLERIN


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Née en 1986, Sarah est danseuse contemporaine. D'origine angevine, elle se forme au Conservatoire d'Angers, au CNDC d'Angers puis au CDC de Toulouse.

Installée à Lyon, elle est interprète pour différentes compagnies de danse contemporaine (Cie Wejna à Clermont-Ferrand, Cie Elyamni à Marseille...) et collabore régulièrement avec le collectif angevin EDA pour des performances dansées in-situ et des interventions chorégraphiques et pédagogiques en milieu scolaire.

Parallèlement au travail du mouvement, Sarah écrit. Elle publie un extrait de "Carnet de route d'une jeune danseuse en Palestine" dans la revue Triages des éditions Tarabuste. Ainsi que "De rien", textes poétiques, dans la revue Contre-allées.

Depuis peu, Sarah découvre le travail de la voix, endroit de rencontre entre les mots et le corps. Elle collabore avec la compagnie Michel Tallaron (théâtre) et débute un projet de lecture performatives, "Marches" avec un batteur et un violoncelliste.


Carnet de route d'une jeune danseuse en Palestine

atelier

L'association Al Kamandjâti à été fondée en octobre 2002 sous l'impulsion de Ramzi Aburedwan. Après avoir sillonnée les territoires occupés pour proposer des ateliers d'initiation à la musique aux enfants des camps de réfugiés, elle ouvre une école de musique à Ramallah.

Le séjour raconté dans ce journal est le troisième organisé et le premier ou la danse est conviée à l'aventure.

6 juillet 2004.
6 heures du matin, heure locale.
Porte de Damas, Jérusalem.
Je suis dans le brouillard.

Nous venons d'arriver au Faysal Hotel où Marie nous attendait. Aucune embrouille pendant le trajet : passage direct à la douane de Tel Aviv, taxi trouvé immédiatement pour rejoindre Jérusalem. Rien à voir avec les scénarios-catastrophes que nous avions imaginés, Maud et moi avant le départ.
Une belle sensation de voyage dans le corps alourdi par la fatigue. Je suis tout azimut à cause de la nuit blanche. Je n'arrive pas à me dire que c'est incroyable d'être là tellement ça l'est.
Il commence à faire chaud, je deviens toute moite. Dehors, la ville est déjà bien réveillée.
Nous allons rester là pour la journée, nous reposer et nous promener un peu dans la vieille ville. Nous retrouvons le groupe ce soir. Pour le moment, je veux dormir.

23 heures.
Camp de Deheisha, Bethléem
.
Il m'est impossible de prendre la distance nécessaire à l'écriture. Je vis les choses le nez collé à elles avec toujours cette même volonté de me rappeler à chaque instant "où je suis" et ce que représente cet endroit aux yeux du monde entier.
Nous avons retrouvé le groupe tout à l'heure, juste pour le début du concert.
Premier contrôle de l'armée dans le bus avec Nelly et Maud. Premier passage à un check point volant. La vue des armes me fait frissonner.
Demain matin, nous commençons les ateliers avec un groupe d'adolescents. Nous n'avons rien préparé ou si peu, ne sachant pas vraiment à qui nous avons affaire.

7 juillet.
12h30.

Le premier atelier est terminé. Il y a eu de larges sourires et des visages figés par la concentration qui m'ont donné confiance pour la suite.
Nous avons eu trois heures, assez de temps pour installer le rythme d'un échange et de l'apprentissage. La demande et l'envie étaient claires. Ça stimule l'énergie qui s'épuise assez vite. Je suis heureuse d'être là, avec la danse.
C'est l'appel à la prière. J'aimerais réussir à me dire où je suis, ou plutôt que "je suis là", à pouvoir y croire. Pincez-moi.

23h45.
"Dar el Nadwa", Centre international de Bethléem.

"Et nous, nous aimons la vie autant que possible.
Nous dansons entre deux martyrs."

Première improvisation sur le poème de Mahmoud Darwich, des mots qui collent terriblement à l'instant. Il y a une force surprenante dans l'acte de danser avec seulement une journée de vie ici. Le corps et la tête se décollent de l'instant pour laisser échapper le ressenti de ce qui a été vécu. C'est le point de départ du geste. Faire pleinement confiance à ce que le corps libère parce qu'il est perméable et sincère. Il devient témoin parce qu'il est étranger.
Nous sommes logés en ville, à l'hôtel du Centre. Je n'ai pas encore eu le temps de rentrer en contact avec les gens d'ici.
Là, maintenant, allongée sur mon lit aux draps qui sentent la lessive, éclairée par une lampe bleue, en écoutant Mano Solo, rien ne passe de l'extérieur, je ne peux rien deviner de ce qui se déroule au dehors. Je n'entends que la climatisation et la musique qui sort des deux petites enceintes. Je ne vois que les murs blancs du Centre. Cette chambre pourrait être la même n'importe où ailleurs, en France, chez moi.
Sans doute la réalité de ce monde me prendra de plein fouet, plus tard.
Je suis étonnée de pouvoir me balader seule dans les rues, d'y voir des enfants s'amuser. J'avais imaginé un état d'alerte général et continu, une vie en suspens. Ici, elle s'écoule. La guerre n'est pas toujours aussi flagrante qu'au cinéma.

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