IKEBANA
CHABANA |
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Le
chabana est un bouquet modeste, sans fracas. Il ne risque pas d'assourdir
mais éveille des échos, ne cherche pas à éblouir
mais suggère l'essentiel. Comme le paysage c'est un bouquet allusif,
mais il est emblématique : son esthétique est celle du presque
rien que l'on retrouve dans les haïkus, les minuscules poèmes
d'Ungaretti -Je m'éblouis / d'infini - , dans le "minimal
art", et aussi dans la beauté simple qui surgit parfois sous nos
pieds : "Ce qui compte c'est une fleur apparue entre des dalles disjointes,
ou même moins encore. Il nous faut simplement montrer cela, dans
la sérénité d'une attente inexprimable." Le chabana montre cela : un indice de l'indicible, une fleur qui résume tout
et pose une question métaphysique. Il ne décore pas le réel,
il le dévoile. Bref affleurement d'une beauté originelle
et ultime, irreprésentable donc, il ne dessine pas de figure, ne
construit pas d'espace. C'est un bouquet qui opère un suspens du
désir, nous fait la grâce d'un instant d'attention, qui s'efface
pour que nous aussi, dans un silence attentif, disparaissions. "La
beauté n'est pas donnée à nous qui la forçons...
mais peut-être à l'attente, au silence discret, à
celui qui est oublié dans les louanges et simplement accroît
son amour en secret." Pour voir les bouquets, cliquez sur la miniature
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