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D'ALAIN DELAYE

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IKEBANA

Chabana

Le chabana est un bouquet modeste, sans fracas. Il ne risque pas d'assourdir mais éveille des échos, ne cherche pas à éblouir mais suggère l'essentiel. Comme le paysage c'est un bouquet allusif, mais il est emblématique : son esthétique est celle du presque rien que l'on retrouve dans les haïkus, les minuscules poèmes d'Ungaretti -Je m'éblouis / d'infini - , dans le "minimal art", et aussi dans la beauté simple qui surgit parfois sous nos pieds : "Ce qui compte c'est une fleur apparue entre des dalles disjointes, ou même moins encore. Il nous faut simplement montrer cela, dans la sérénité d'une attente inexprimable." Le chabana montre cela : un indice de l'indicible, une fleur qui résume tout et pose une question métaphysique. Il ne décore pas le réel, il le dévoile. Bref affleurement d'une beauté originelle et ultime, irreprésentable donc, il ne dessine pas de figure, ne construit pas d'espace. C'est un bouquet qui opère un suspens du désir, nous fait la grâce d'un instant d'attention, qui s'efface pour que nous aussi, dans un silence attentif, disparaissions. "La beauté n'est pas donnée à nous qui la forçons... mais peut-être à l'attente, au silence discret, à celui qui est oublié dans les louanges et simplement accroît son amour en secret."
Le chabana n'est qu'un seuil, un passage. Il ne capte pas le regard mais l'oriente vers l'invisible. C'est une ouverture qui introduit, non dans un espace décoratif, mais dans la beauté discrète de la vie. On rapporte qu'un jour, Hideyoshi ayant averti Sen no Rikyû qu'il venait admirer son magnifique jardin de volubilis, celui-ci les fit tous disparaître et remplacer par du sable blanc et des cailloux. A son arrivée, l'empereur étonné, au bord de la colère, fut reçu dans la maison du thé où, dans un bronze chinois rare, se tenait, parfait, un unique volubilis.

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